Dimanche 1 mars 2009 7 01 /03 /Mars /2009 20:24



Elle s'appelle Gudelcia; elle a 5 ans !

"Gudelcia est si petite qu'on ne l'a pas vue entrer. Une explosion de colère de la Présidente qui réclame le silence et un peu de décence tourne tous les regards vers elle.

Assise au banc des accusés, terrifiée, elle est minuscule entre son avocat et l'administrateur ad hoc nommé pour la représenter : deux gaillards !.. La Présidente est indignée du gibier de potence qu'on lui présente. Elle se tourne vers l'avocate de la Préfecture, tempêtant :"5 ans !

cette enfant n'a rien à faire ici !". Puis, s'adressant à l'enfant sur un ton aussi affectueux que sa colère le permet :"comment t'appelles-tu ?, tu es trop mignonne, toi; c'est toi qui t'es coiffée ?"

Lisant la peur dans les yeux de l'enfant, elle devine que les deux grands corbeaux en robe noire que sont la greffière et elle-même l'effraient.

Toutes deux retirent leurs robes de magistrates. On se retient d'applaudir."Cette enfant est seule ? Pas de famille dans la salle ?"-La mère se lève : "Venez Madame, asseyez-vous; prenez-la sur vos genoux; on ne va pas la laisser comme ça"...

La Présidente parcourt le procès verbal d'interpellation établi par la Police aux Frontières; elle écarquille les yeux puis éclate à nouveau:"Ils ont coché la case : Refus de signer! elle a 5 ans, on veut qu'elle signe quoi ? on est où ?".

La décision est prise, très vite, évidente : libération de la zone d'attente.

Dans cette histoire, cette fable des temps modernes, l'identité nationale chère à Mr Hortefeux est dignement représentée.

Comme sont dignement représentés les droits de l'homme (pardon:"de l'enfant") au Sénégal: Ceux et celles qui ont vu l'émission"Thalassa" du 20 février sur FR3 n'ont pu rester insensibles devant le calvaire quotidien enduré par des petits "Talibés" âgés eux aussi d'à peine plus de 5 ans, obligés de mémoriser des textes coraniques qu'ils ne comprennent pas, battus des heures durant, dès 5h du matin par un maître religieux, qui leur enjoint ensuite de partir mendier.

...Ils n'ont pu rester insensibles, de même qu'ils n'ont pu se demander comment notre si populaire Rama Yade peut accepter que de tels faits se produisent aujourd'hui dans son pays natal.

ET QU'ON VIENNE PAS NOUS DIRE QUE TOUT CA, C'EST LA FAUTE A LA CRISE.

 

 

Par Jean Claude GUIGUET VT - Publié dans : LE BLOG
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